Avec l’essor de la mobilité électrique et les enjeux de souveraineté industrielle européenne, la filière batterie s’impose comme un pilier stratégique de la transition énergétique. Dans ce contexte, la Région Hauts-de-France a engagé une étude approfondie sur la filière amont-aval de la batterie, afin d’anticiper les besoins en compétences, en emplois et en formations nécessaires à son développement.
Une étude pour anticiper les besoins de la filière
Restituée en février 2026, l’étude vise à qualifier, sécuriser et anticiper les besoins en compétences et en formation des acteurs industriels situés en amont (matières premières, chimie, fabrication de composants) et en aval (réparation, seconde vie, recyclage) de la chaîne de valeur batterie. Elle s’appuie sur une méthodologie robuste combinant :
- l’analyse des réglementations françaises et européennes,
- une synthèse des études existantes,
- plus de 45 entretiens menés entre février et novembre 2025 auprès d’industriels, d’organismes de formation et d’acteurs institutionnels,
- des ateliers de travail et des retours d’expérience sectoriels.
Une filière industrielle encore en structuration
L’étude met en évidence une filière en cours de construction, évoluant dans un contexte géopolitique incertain et marqué par une forte concurrence internationale. Si certains projets industriels connaissent des décalages dans leurs décisions d’investissement, la conviction reste forte : la filière batterie est appelée à se développer durablement.
À l’horizon 2030, plusieurs milliers d’emplois pourraient être créés dans la région, notamment sous l’effet combiné :
- des activités de fabrication de matériaux actifs (CAM/pCAM),
- du recyclage et du traitement de la black mass,
- du développement de la réparation des batteries de véhicules électriques,
- du démantèlement et de la seconde vie des batteries.
Les premiers recrutements significatifs sont attendus à partir de 2027, principalement sur des métiers de production, d’opérateurs, de conducteurs de lignes et de techniciens.
Des besoins en compétences multiples mais convergents
Quatre grandes orientations technologiques structurent la filière et déterminent les besoins en compétences :
- la chimie et l’hydrométallurgie,
- la conduite de procédés industriels automatisés,
- la réparation des batteries de véhicules électriques,
- le démantèlement, le tri, le diagnostic et le stockage des batteries en fin ou seconde vie.
Malgré la diversité des métiers, des compétences communes se dégagent sur l’ensemble de la chaîne de valeur :
- la maîtrise de la conduite d’installations automatisées et de l’usine 4.0,
- la gestion des risques chimiques, électriques et incendie,
- la connaissance des réglementations spécifiques (transport, stockage, passeport batterie),
- des compétences en qualité, génie des procédés et excellence opérationnelle.
Une offre de formation existante mais à adapter
La région dispose d’un socle de formations initiales et continues couvrant différents niveaux de qualification. Toutefois, l’étude souligne plusieurs limites :
- un déficit de formations orientées production industrielle, notamment en chimie,
- une attractivité insuffisante des métiers techniques,
- une inadéquation partielle entre les équipements pédagogiques existants et les besoins spécifiques de la filière batterie.
Des certifications ont néanmoins été récemment créées ou mises à jour, en particulier dans le domaine de la réparation des batteries de véhicules électriques et du recyclage. L’enjeu majeur réside désormais dans l’adaptation des contenus, la montée en compétences des formateurs et le développement du tutorat en entreprise.
Vers une dynamique collective et structurée
Au-delà des aspects techniques, l’étude insiste sur la nécessité de renforcer les synergies entre les acteurs industriels, les organismes de formation et les institutions. La filière amont-aval ne peut se développer sans une animation collective forte, favorisant :
- le partage de retours d’expérience,
- la mutualisation des équipements,
- la coordination des parcours de formation,
- l’anticipation concertée des besoins en compétences.
Un enjeu de performance et de souveraineté
La structuration de la filière amont-aval de la batterie dans les Hauts-de-France représente un enjeu stratégique majeur, à la fois économique, industriel et territorial. Anticiper les compétences, adapter l’offre de formation et renforcer la coopération entre acteurs constituent des leviers essentiels pour accélérer la montée en puissance de cette filière clé de la transition énergétique et de la souveraineté industrielle française.
Le document complet est consultable pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin et approfondir les enjeux abordés.
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