Une nouvelle batterie sodium-ion, première mondiale française

R&D
Publication décembre 2015
Batterie sodium-ion

© Pierre JACQUET/CEA

Le réseau français RS2E, qui réunit chercheurs et industriels, vient de dévoiler le premier prototype de batterie sodium-ion. Cette technologie inspirée des batteries lithium-ion qui équipent déjà ordinateurs portables et véhicules électriques pourrait permettre le stockage de masse des énergies renouvelables dites intermittentes.

Dans le cadre du RS2E, réseau du CNRS initié par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche en 2011, des unités du CEA, du CNRS et des Universités notamment l’Université de Picardie (UPJV) ont mis leurs efforts en commun pour produire la première batterie Na-ion (sodium-ion) au format industriel « 18650 », un format standard utilisé notamment dans nos ordinateurs portables. Les mêmes procédés et outils industriels utilisés pour les lithium-ions pourraient donc être exploités par ces batteries au sodium, un avantage et une avancée de taille vers leur commercialisation.

Le sodium, un matériau abondant et peu coûteux

Les batteries au sodium sont complémentaires des batteries au lithium mais aussi un remplacement potentiel pour certains usages. Elles bénéficieront d’un coût inférieur grâce notamment à l’abondance du sodium. Les laboratoires CNRS/Universités ont permis le choix des matériaux et les avancées en recherche fondamentale, les équipes du CEA Liten ont profité de leur expertise sur le Li-ion pour transférer ces batteries à l’échelle de prototypes.

Les performances atteintes sont très intéressantes avec 90Wh/kg et surtout une excellente durée de vie (au moins 2.000 cycles de charge/décharge). « En un temps record, on a réussit grâce à la synergie entre le CNRS et le CEA, à démontrer la faisabilité de ces protoypes », déclare Jean-Marie Tarascon, directeur du RS2E et professeur au Collège de France.

Côté application, Jean-Marie Tarascon ajoute : « la première application, qui semble la plus évidente, serait l’application réseau, c’est à dire stocker les énergies renouvelables […] on parle là d’un marché qui est aussi important que celui du véhicule électrique ».

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